Ville de Clermont-Ferrand

Fiche du : 01/10/1996

Le 7 mars 1911, un biplace Maurice Farman atterrit au sommet du puy de Dôme, avec à son bord, Eugène Renaux et son passager, Albert Senouque, sans le moindre incident. C’est un exploit.


Le bel exploit d’Eugène Renaux
Pour gagner le Grand Prix Michelin (100 000 francs), le pilote devait couvrir en moins de six heures le trajet Paris-le sommet du puy de Dôme (340 km à vol d’oiseau) et s’y poser après avoir viré autour de la cathédrale, en emportant un passager. Le public avait accueilli ce programme avec une certaine stupeur. La distance et l’altitude ne posaient pas de gros problèmes, car la technique évoluait rapidement, mais l’atterrissage sur un terrain aussi inégal et exigu semblait bien périlleux.

Pourtant, là où Weymann et les frères Morane avaient échoué l’année précédente, Renaux et Senouque allaient réussir. Pour donner plus de précision à sa manœuvre, le pilote prit de la hauteur avant de se poser délicatement sur le sol rocailleux. Il fallait de l’audace et de l’adresse. Quelques mètres de plus et le biplace tombait dans le vide ou se brisait contre les rochers ! Il était 14 h 23. Entouré des journalistes et des photographes, Marcel Michelin se précipita pour féliciter les héros du jour, vainqueurs du Grand Prix, détenteurs du record du voyage à deux et de celui de l’altitude. Les Clermontois, qui étaient montés sur les toits de leurs maisons ou sur la tour de la cathédrale pour guetter le passage de leur petit avion, leur firent une vraie fête.

La première guerre mondiale allait encourager le développement de l’aviation, notamment à Clermont-Ferrand. La manufacture Michelin se lança dans la construction des avions Bréguet et c’est à Aulnat que fut construite la première piste en dur du monde, en 1916.