Ville de Clermont-Ferrand

 

Fiche du : 01/05/2003

Comme dans la plupart des villes européennes, Art nouveau et Art déco sont présents à Clermont-Ferrand dans la signature, notamment, des architectes Louis Jarrier, Louis Dalmas, Ernest Pincot, Marius Lanquette ou André Panpillard.
De manière discrète toutefois.

 

Mouvement international, l’Art nouveau se veut rationaliste et ornemental. Chaque élément doit trouver une forme adaptée à sa fonction, et l’ornement en est indissociable. Les matériaux industriels, le fer et la fonte notamment, sont toujours mis en évidence. Le style Art nouveau a connu à Clermont-Ferrand une diffusion assez limitée par rapport à Paris ou Nancy. Son vocabulaire ornemental semble avoir été perçu et employé comme un répertoire supplémentaire, apte à agrémenter les façades des immeubles et villas par des formes inédites ou renouvelées. On trouve cependant quelques œuvres stylistiquement très affirmées. Les façades de l’immeuble du 10, rue de Ceyrat, construit vers 1905 par l’architecte Louis Dalmas, sont animées par les souples ressauts des balcons dont certains sont dotés de fines colonnes en métal et par la variété des formes des ouvertures et des menuiseries.

L’immeuble du 2, rue des Salins joue sur la polychromie des matériaux ; l’actuelle villa du 11, avenue Julien présente des garde-corps en fonte issus du catalogue de Guimard ; le bel immeuble en pierres du 19, cours Sablon, édifié au début du XXe siècle par Maschat, offre un décor floral particulièrement soigné et caractéristique de l’Art nouveau. Les formules de composition et de décoration de ce style se prêtant bien à l’aménagement des commerces, on trouve à Clermont-Ferrand quelques réalisations ayant subsisté comme la Boulangerie Moderne*, 18, rue du Port ou la Pharmacie Medeville*, place Royale. L’Art déco se démarque de l’Art nouveau par une épuration du décor et une géométrie des lignes et des volumes. Il joue aussi sur les contrastes entre les aplats des enduits clairs et les éléments décoratifs.

La corbeille de fleurs stylisées et plus précisément de roses était un thème très utilisé. En Auvergne, entre 1925 et 1935, l’Art déco est un langage dominant et s’exprime sur de nombreuses constructions. Deux immeubles exceptionnels construits par Ernest Pincot sont à observer. L’un, 11, boulevard Duclaux, a une façade se distinguant par ses nombreux ressauts, l’autre, 33, rue Montlosier, est plus sobre : des incrustations de carreaux de céramique contrastent avec le crépi blanc, des moulures en forme de U inversé forment de petites saillies qui soulignent les angles et les arrondis des murs, un garde-corps ajouré en béton surmonte la corniche. On notera aussi le travail de Marius Lanquette : un immeuble cossu, 17, avenue Julien, où l’on peut admirer deux façades principales revêtues d’un appareil régulier en pierre. Le motif de la corbeille de fleurs orne le sommet du pan coupé et les tympans des frontons trapézoïdaux du niveau supérieur.

 En 1933, avec André Papillard, il érige, au 42 de la même avenue, un immeuble de huit niveaux dont les garde-corps en ferronnerie des balcons présentent un motif en "nuages géométrisés" typique de l’Art déco. D’autres édifices clermontois illustrent la simplification “moderniste” de l’Art déco : l’immeuble situé à l’angle des boulevards Lafayette et Gergovia dont une marquise en béton translucide protège la terrasse de l’ancien bar Lafayette ; la villa située 62, rue Paul-Collomp, se distingue par deux avancées à pans coupés et par l’inscription XXXV en mosaïque qui contraste avec le crépi blanc des murs.

Au 2, boulevard Claude-Bernard, une imposante villa livre un caractère Art déco dans une version épurée et géométrisée sans citation du répertoire floral mais avec des incrustations de céramiques sur les montants du portail. Valéry Bernard et Henri Pouzadoux construisent vers 1926 une villa-magasin, 9, rue de Maringues, Maringues, dont le décor des deux niveaux de la façade se distingue par l’emploi répété du thème de la corbeille fleurie. N’oublions pas l’ancien hôtel Blaise-Pascal, rue Massillon, réaménagé en résidence, mais qui a conservé sa façade et son enseigne, la Polyclinique, boulevard Charles-de-Gaulle, édifiée par Jean Amadon ou encore l’Université Blaise-Pascal, avenue Carnot, construite par Marcel Depailler, qui illustrent des programmes architecturaux caractéristiques de l’Art déco.

Cet article a été réalisé en étroite collaboration avec Pascal Piera, guide conférencier agréé par le ministère de la Culture et de la communication,auteur de Louis Jarrier.
Architecte à Clermont-Ferrand.
1862-1932, publication de l’Inventaire général
Auvergne, et l’Office de tourisme et des congrès de Clermont-Ferrand.

 
 
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