Ville de Clermont-Ferrand

Fiche du : 01/01/2004

« Montferrand, vous avez immortalisé votre nom », dira le tsar Nicolas Ier à Henri-Louis-Auguste Ricard dit de Montferrand, concepteur de plusieurs œuvres majeures de la Russie impériale, parmi lesquelles la cathédrale Saint-Isaac et la colonne triomphale d’Alexandre à Saint-Pétersbourg, le « Manège » et la célèbre cloche des tsars à Moscou.


Henri-Louis-Auguste Ricard avait lui-même ajouté à son patronyme le nom de Montferrand, patrie de ses ancêtres. Son grand-père, Ligier Ricard, architecte et entrepreneur en bâtiment, habitait rue de la Rodade et travailla, en particulier, à l’arasement des rues de l’axe nord-sud de Montferrand dans les années 1730, sous la direction de l’intendant Trudaine. Son cousin Étienne Thévenot - également petit-fils de Liger - fut un autre Montferrandais célèbre, inspecteur des Monuments historiques, peintre-verrier et créateur des vitraux de l’église Notre-Dame-de-Montferrand. Le surnom de Montferrand fut donné à Auguste par sa mère et ses oncles et c’est en souvenir d’eux, dira-t-il dans son testament, qu’il décida plus tard de se faire appeler Auguste Ricard de Montferrand. Né le 23 janvier 1786 à Paris, il entre à vingt ans à l’École royale d’architecture, mais doit bientôt s’enrôler dans l’armée napoléonienne et combattre en Italie puis à Dresde en 1813. Après l’abdication de Napoléon en 1814, Auguste reprend ses travaux d’architecte et participe, notamment, à la construction de l’église de la Madeleine à Paris. À l’occasion d’une visite du tsar Alexandre Ier à Paris, il présente à celui-ci un recueil de projets architecturaux qui plaisent à l’empereur de toutes les Russies et lui valent d’être invité à Saint-Pétersbourg en 1816. Alors qu’Alexandre Ier cherche un architecte pour la reconstruction de l’église Saint-Isaac, Auguste lui soumet en vingt-quatre dessins à l’aquarelle différents projets. Saisi par leur beauté, le tsar le promeut, du jour au lendemain, architecte de la cour et le nomme architecte en chef de la reconstruction de Saint-Isaac. Auguste restera en Russie quarante et un ans. Outre cette cathédrale qui fut la grande œuvre de sa vie et dont il suivit la construction de 1818 jusqu’à son accomplissement en 1858, il réalisa la colonne triomphale d’Alexandre (plus haute que celle de la place Vendôme), la statue équestre de Nicolas Ier et d’autres projets privés à Saint-Pétersbourg. À Moscou, il dessina le « Manège » qui sert actuellement de salle d’exposition et créa le support de la célèbre cloche des tsars installée dans l’enceinte du Kremlin. Selon les témoins, Montferrand menait à Saint-Pétersbourg une vie calme et studieuse et ne participait pas aux fêtes de la cour. Il mourut d’une pneumonie le 28 juin 1858, un mois après la consécration de « sa » cathédrale Saint-Isaac. N’étant pas de confession orthodoxe, il ne put être enterré dans la cathédrale comme il l’avait souhaité. Sa veuve fit alors ramener son corps à Paris où il fut inhumé dans le cimetière de Montmartre.

 

Texte écrit en collaboration avec Alain Gibert, président de l’association Montferrand Renaissance.