Ville de Clermont-Ferrand

Lorsque l’on demande le nom d’un grand écrivain français, il est rare de citer le nom de Blaise Pascal. Il eut pourtant tous les dons de ceux qu’on lui préfère communément : le lyrisme et la passion de Hugo, l’harmonie de Racine, la concision de Corneille, la mordacité de Molière et de Voltaire (...).


Génie littéraire, auteur des Provinciales et des Pensées, Pascal fut aussi un génie scientifique envers qui notre époque a de grandes dettes. Voyez cette machine arithmétique (que l’on peut voir aujourd’hui au Musée Lecoq), dite familièrement Pascaline qu’il agença pour faciliter les additions de son père, alors intendant du fisc en Normandie. D’elle dérivent toutes nos machines à calculer modernes, depuis la calculette de poche à l’ordinateur moderne. Pascal construisit une cinquantaine de ces machines dont neuf sont encore connues, dispersées à travers le monde. L’une d’elles fut acheté pour quelque francs, au début du siècle, par un brocanteur qui crut y voir une boîte à musique détraquée.
Voyez aussi son invention du calcul des probabilités, auquel il donna le joli nom de “géométrie du hasard”. Et songez à ce que lui doivent, non seulement les compagnies d’assurances, mais les praticiens du loto, du tiercé, de tous les jeux de chance. Il appliqua d’ailleurs son calcul au célèbre pari sur l’existence de la vie éternelle.

Ses travaux sur la pression atmosphérique, notamment la fameuse expérience du Puy de Dôme accomplie sur ses instructions détaillées par son beau-frère Périer, puis reprise par lui-même, ont conduit à l’invention du baromètre, de la météorologie et de l’altimètre, si indispensables aux voyages aériens. Il inventa aussi la chaise à porteur à deux roues et mit au point le système du carrosse à cinq sous, le premier transport collectif à Paris.

Clermont garde peu de traces du bref passage terrestre de Blaise Pascal. L’église de son baptême fut démolie par la révolution. Sa maison natale le fut au début du siècle pour donner de l’air à la cathédrale. Il vint plusieurs fois se mettre au vert chez sa sœur aînée, Gilberte (...). Afin de lui rendre quelque vigueur, elle le nourrissait de lait d’ânesse, lui faisait de bons petits plats, dont il mangeait un peu par devoir.

A la fin du dîner : “As-tu aimé ce qu’on t’a servi ? demandait-elle ? Ma foi, je n’y ai point pris garde. Si tu m’avais averti que c’était quelque chose d’appréciable, j’y aurais prêté attention. Mais d’une façon générale, je ne veux pas m’attarder aux plaisirs de la chère. Je peux néanmoins le faire de temps en temps, si cela te plaît”.

J.Anglade

Les travaux d’aménagement de la place de la Victoire ont permis de matérialiser l’emplacement de la maison natale de Blaise Pascal, en haut de la rue des Chaussetiers. Blaise Pascal habita cette maison depuis sa naissance, le 19 juin 1623, jusqu’en 1631, date à laquelle sa famille quitta Clermont pour Paris. C’est en août 1900 que fut démoli ce vieil hôtel du moyen-âge, sans que l’opinion publique de l’époque s’en émut particulièrement... Le promeneur attentif pourra retrouver, sur l’actuelle place Lemaigre, la trace de cette maison, celle de l’arcade des Chaussetiers et du passage Vernines...