Ville de Clermont-Ferrand

Fiche du : 01/05/1996

C’était il y a cent ans, le 7 juin 1896. La scène se passait au rez-de-chaussée du n° 26 de la rue Saint-Esprit, dans un lieu-dit "Le Salon". Pour sa première, séance clermontoise, le cinématographe affichait le même programme de lancement qu’à Paris quelques mois plus tôt (1).


D’emblée, il obtint un succès fou, attira les curieux, mais aussi les institutions, les lycées et les sociétés. Et la nouvelle se propagea en ville comme une traînée de poudre. Pensez donc : de vrais tableaux bien vivants se déployaient sur un écran, créant l’illusion du mouvement et de la vie grâce à une suite ininterrompue de photographies. C’était fascinant. Et pourtant, le Salon ferma ses Portes durant l’été 1896, mais rien à faire, le cinématographe était dans l’air du temps. Il resurgit donc quelques mois plus tard au n°21 de la rue de l’Écu, près du café glacier, avant de s’installer au Royal Vio, au beau milieu de la place des Salins et, pendant la foire, sur la place de Jaude, en face du café Lyonnais (2).

Pauvre cinéma ambulant ! Il connut bien des tribulations avant de s’installer dans du dur au café des Boulevards et à l’Eden Théâtre. Autres temps, autres mœurs : une rude bataille commence alors entre le Cinéma-Halls et le Théâtre-Cinéma Pathé frères, qui s’était installé au café des Boulevards, 99, boulevard Gergovia. En 1912, le Palace-Terminus Cinéma s’engage à son tour dans la concurrence, tandis qu’un cinéma des familles s’installait dans la salle des fêtes de la rue Gaultier de Biauzat. La saga du cinéma battait son plein. Mais la roue de l’histoire continue de tourner et le cinématographe de communiquer du rêve, de l’émotion, du rire.

 

(1) Au programme : "Sortie des usines Lumière à Lyon","la voltige". "La pêche aux poissons rouges", "Le débarquement du congrès de photographie à Lyon", "Les forgerons", "Le jardinier", "Le repas", " Le saut à la couverture", "La place des cordeliers à Lyon " et "La mer".

(2) Il était installé à l’angle de la rue du Coche. près de l’hôtel de l’Univers.

Le livre d’Aimé Coulaudon, "Clermont-Ferrand à la Belle époque", ainsi que la thèse sur, Les Cinémas clermontois", qu’a soutenue Armando Alvès à l’issue de ses études à l’école d’architecture, développent cette histoire. On peut consulter ces documents à l’annexe de la Bibliothèque municipale et interuniversitaire, rue Bardoux, salle Auvergne.