Ville de Clermont-Ferrand

Catherine Legrand, créatrice textile, auteure d’ouvrages, collectionneuse passionnée...
à l’origine de cette exposition


> Comment est née votre passion pour les vêtements Indigo ?
Je place la passion des vêtements et des textiles avant celle de l’indigo. J’aime les tissus, les costumes, les accessoires, les techniques qui s’y rapportent, la créativité et l’élégance.
Mon goût des voyages et mes activités de styliste (pour ma marque « à La Bonne Renommée ») m’ont amenée à faire le tour
du monde des textiles et des vêtements. La rencontre, au nord du Vietnam, des femmes des minorités ethniques a agi comme un révélateur. Leurs costumes variés, créatifs, originaux ont cela en commun que tous sont teints à l’indigo. De quoi stimuler la curiosité et l’envie d’étendre mes recherches à la Chine et au Japon. Jusqu’à ce que je réalise que l’indigo était au « coin de la rue », présent dans nos traditions françaises et européennes…

> Qu’est ce qui vous a donné envie de partager cette passion à travers un livre et maintenant une exposition ?

Voyager est un privilège. Il m’a semblé important que ce privilège donne naissance à une création, que je puisse rendre compte de mes découvertes et communiquer mon enthousiasme. Certains voyageurs filment, d’autres enregistrent. Comme j’aime les livres au moins autant que les textiles, j’ai désiré témoigner par le biais d’un « bel ouvrage », terme commun au monde de l’édition et de la couture. Pour réaliser le livre Indigo, j’ai collecté des textiles et rencontré des collectionneurs. Réunir tous ces trésors dans une exposition est une aventure passionnante qui prolonge le désir de partager et de transmettre.

> L’indigo sera prochainement classé au patrimoine mondial et immatériel de l’Unesco, qu’est ce que cela va changer ?
C’est exactement la question que j’ai moi même posée à un ambassadeur auprès de l’UNESCO. Sa réponse confuse m’a un peu découragée. Je crains que le teinturier indien ne continue de déverser son indigo chimique dans la rivière, que le déclin des ateliers de teinture et d’impression en Europe centrale ne se poursuive, que les maliennes du pays Dogon délaissent leurs pagnes indigo. Il n’en demeure pas moins que plus qu’une couleur, l’indigo représente des cultures et des patrimoines, à la fois spécifiques à chaque pays et universels, et que le reconnaître officiellement constitue une première étape.

Propos recueillis par Thomas Brunet,
à l’occasion de l’exposition INDIGO, un périple bleu à la Bibliothèque Forney
Janvier 2015