Ville de Clermont-Ferrand

Cet événement s’est déroulé le 27 août 1944. "Nous apprenons en dernière heure l’évacuation de Clermont Ferrand par les troupes allemandes, suivie immédiatement par l’occupation des F.F.I. acclamés frénétiquement par la population de la capitale auvergnate."


1944 – Cet été là, les troupes d’occupation battent en retraite, subissant des revers systématiques mais la bataille fait encore rage sur toutes les routes d’Auvergne. Le territoire français s’affranchit progressivement de la tutelle allemande. Aurillac est libéré, Le Puy tombe, plusieurs garnisons se rendent. Les F.F.I. prennent la Haute Loire et le Cantal. Dans un climat de tension extrême, les arrestations et les exécutions répondent aux attaques. Le 13 août, la prison de Riom est vidée de ses 114 prisonniers politiques. Le 20 août, le Maréchal Pétain quitte Vichy.

Le 24, le général Leclerc entre dans Paris à la tête de sa division blindée. Quelques jours plus tard, ce sera au tour de Clermont-Ferrand, dont la libération a été retardée "de façon à éviter que la population ne souffre d’un combat prématuré "*.

Le 27 août, les troupes allemandes évacuent la ville. Peu après, celles du maquis entrent, tenue correcte, allure décidée et disciplinée. Les F.F.I. procèdent à l’arrestation des représentants du précédent régime et établissent leur quartier général à la Préfecture. Dés le lendemain, le nouveau commissaire de la République et le nouveau Préfet nommés par le Général de Gaulle s’adressent à une foule de 15000 personnes en liesse du balcon de la Préfecture. Peu importe que les haut-parleurs soient tombés en panne ce jour là ! Rien ne devait entamer l’enthousiasme des Clermontois qui chantèrent même " It’s a long way to Tipperary " en l’honneur d’un officier britannique**. La guerre n’était pas encore finie. L’épuration constitua l’une des dernières manifestations de l’Occupation, brouillant la frontière entre la vengeance et la justice. Mais déjà, une nouvelle administration se mettait en place, amorçant la transition vers la paix et la démocratie. Gabriel Montpied était élu Maire de Clermont-Ferrand et, en juin 1945, il accueillait le général De Gaulle dans la ville en fête. Un an après, la page était tournée.

 

*Extraits du M.U.R. (Mouvements Unis de la Résistance) d’Auvergne n°10, organe de l’action immédiate des mouvements de Résistance. A consulter dans la salle Auvergne, à l’annexe de la Bibliothèque municipale et interuniversitaire.
** « Clermont Ferrand à l’heure allemande », de John Sweets, chez Plon, 285 pages, 159F.