Ville de Clermont-Ferrand

 
Marc PATAUT

"Humaine"

Du 09 novembre 2012 au 09 février 2013.


Exposition de Marc Pataut, à l’Hôtel Fontfreyde par TV8_Clermont-Ferrand

Depuis une trentaine d’années, Marc Pataut développe des projets photographiques sous forme d’enquêtes documentaires de longue durée.
Son travail avec les enfants de l’hôpital de jour d’Aubervilliers, en 1981, est fondateur de l’ensemble de sa démarche artistique qui associe toujours un domaine d’activité, une situation sociale, une histoire et une intervention sur le contexte institutionnel. Les séries produites par Marc Pataut témoignent d’expériences humaines. Qu’il photographie la communauté des chiffonniers d’Emmaüs, les vendeurs du journal La Rue ou les habitants du Cornillon (ancienne zone industrielle de la banlieue nord de Paris retenue en 1995 comme site du grand stade de France), l’artiste place toujours la notion d’échange et le positionnement politique au coeur de son travail.

Le projet HUMAINE est né sur le territoire de la Communauté d’Agglomération de la Porte du Hainaut, dans le département du Nord. À la suite d’une série de rencontres avec les habitants et des acteurs socioculturels du territoire en 2008, Marc Pataut a mené un travail de recherche en collaboration avec des femmes du centre socioculturel AGATE d’Escautpont qui se consacrent à l’apprentissage de l’écriture et à l’alphabétisation. Des portraits photographiques ont été faits et sont accompagnés de la transcription d’entretiens sonores individuels réalisés par l’artiste avec les femmes.
Issue du projet du même nom, l’exposition HUMAINE est conçue pour être itinérante et présentée successivement dans les quatre structures partenaires du projet : le Centre Régional de la Photographie Nord Pas-de-Calais, le Centre photographique de Clermont-Ferrand, l’artothèque de Caen et Le Point du Jour, centre d’art éditeur à Cherbourg. Modulable d’un lieu à l’autre, elle se compose de plusieurs ensembles de travaux réalisés par l’artiste entre 1999 et 2012.

« Pataut s’imprègne des situations (on ne s’imprègne pas d’un contexte) ; il considère que les personnes avec lesquelles il travaille peuvent jouer, avec lui, leurs propres personnages, selon un scénario variable et largement improvisé 2 . Aujourd’hui, la question qu’il se pose est celle de la "représentation du peuple".
Il constate la fragilité du rapport entre le principe démocratique et les identités (ou identifications) collectives. Quand il mêle les portraits démultipliés de trois femmes, il déplace la question sur le plan de la représentation artistique en posant une nouvelle et étrange question : qu’est-ce qu’un individu dont l’identité (photographique) est déplacée, dispersée, combinée avec deux autres, dans un mur d’images à trois ?
Ou, autre formulation, qui renvoie tout autant aux données de l’expérience : " Qu’est-ce qu’un individu qui ne se définit pas par une quête d’identité exclusive ? ".
Il y a là, peut-être, dans le déplacement et la nouvelle formulation du problème, un début de réponse. »
2 "Un personnage ne se définit pas par rapport à un contexte ; en revanche, il peut condenser une situation et la transformer. A Douchy, en travaillant avec moi, les femmes se mettent en mesure de transformer leur situation."
Extrait "Portrait, Regard, Image du peuple" Jean-François Chevrier

« Depuis mon premier travail photographique en 1981 – 1982, dans un hôpital pour enfants à Aubervilliers, j’ai compris, en voyant un enfant coller l’appareil contre son menton et photographier, que la photographie passe aussi par le corps. J’étais encore à l’agence Viva, à disposer soigneusement un filet noir autour de mes images. Depuis j’ai appris, je me sers de mon corps, je sais comment me placer, je sais aussi que le portrait, c’est avant tout deux corps en présence dans un même espace.
Je parle, la photo ne parle pas. Je ne peux pas rester sans parole en face de quelqu’un, ou plutôt photographier sans projets ne m’intéresse pas. Je ne peux pas envisager la photographie comme une simple captation. La photographie est nécessairement du côté de la relation et de la projection. L’entretien me permet d’échapper au silence photographique. Il n’est pas destiné aux autres, c’est un moyen de construire l’environnement de travail et une prise sur le réel. L’entretien et le portrait vont nécessairement de pair, tous deux surgissent d’une relation dans le temps. Le récit me passionne mais me semble impossible en photographie. Je cherche une forme proche de la sculpture, je produis de la matière, j’accumule. J’imagine des formes qui grandissent en même temps que la nécessité qu’elles recouvrent ; pour l’instant, la seul forme que j’imagine est celle d’un mur de portrait. »
Extrait " Trois ans pour faire un portrait" Marc Pataut

 
 
 
Marc PATAUT
Hôtel de Fontfreyde Centre Photographique Situer sur le plan

34, rue des Gras - 63000 Clermont-Ferrand
Tél : 04 73 42 31 80

Horaires d’ouverture au public :
du mardi au samedi de 14h00 à 19h00

Accès et stationnements :
- Tram ligne A (Arrêt Jaude ou Gaillard).
- Bus de ville lignes B, 6, 9 et 10 (Arrêt Blatin). Lignes 5 et 32 (Arrêt Gaillard).
- Parking Jaude et Saint-Pierre