Ville de Clermont-Ferrand

Fiche du : 01/11/2001

Clermontois, Francesco Benevole ? Italien de naissance, Mexicain d’opérette, l’illustre magicien de l’entre-deux-guerres pourrait presque en donner l’illusion. C’est à Clermont, que les témoignages de sa vie mouvementée sont conservés, grâce aux volontés de sa fille et unique héritière, Marie.


En 1982, au soir de sa longue vie, Marie Bénévol fait don à la Ville de Clermont-Ferrand, de l’essentiel du matériel utilisé par son père, François Bénévol. D’éblouissants costumes, des affiches, du courrier, d’étonnants accessoires de scène (deux camions de matériel !), actuellement entreposés dans les réserves du Musée d’Art Roger-Quilliot, rejoindront bientôt les collections du futur Musée Blaise-Pascal et des sciences et techniques. L’occasion d’évoquer la vie aventureuse et passionnée du "Maître du mystère"… Né à Piacenza (Plaisance, en Italie) en 1865, Francesco partage la vie de saltimbanque de ses parents pendant une partie de son adolescence et de sa jeunesse.

En 1894, la troupe est de passage à Lyon, lors de l’assassinat de Sadi Carnot par l’Italien Caserio. Pour échapper à la vague d’antipathie des Français à l’égard des Italiens, le jeune homme décide de franciser son nom en Bénévol, et, ne pouvant se défaire d’un accent très prononcé, décide de se faire passer pour Mexicain. Il adopte un accoutrement pittoresque qui, associé à son jargon, à son bagout et à son talent, lui apporte un immense succès.

Le spectacle commençait bien avant l’arrivée de la troupe. Affiches, annonces, hommes-sandwich, billets de réduction… préparaient l’événement. La star, elle-même, émergeant d’un splendide fiacre attelé de deux chevaux, se faisait déposer sur un tapis rouge devant le plus grand café de la ville. Le public, séduit, n’avait plus alors qu’à venir déguster La Malle mystérieuse, le Chapeau qui parle, La Main spirite et… le clou du spectacle, Le Coupeur de tête, dont l’originalité et l’intensité, troublaient les spectateurs les plus sceptiques. D’année en année, le spectacle s’améliorait, de nouveaux acteurs s’y associaient. Bénévol était réclamé partout. Auréolé de succès féminins, il menait joyeuse vie, partagée entre ses tournées en France, en Belgique, au Luxembourg, en Algérie, au Maroc, et les séjours dans sa propriété à Fontaine-sur-Somme, où il se livrait à son loisir préféré : la pêche.

En 1927, il obtient la naturalisation française. En 1930, il renonce à la prestidigitation à la suite d’un accident qui lui broie le bras, mais il continue d’animer ses spectacles jusqu’à l’embolie pulmonaire qui provoque sa mort, à Nice, le 29 mai 1939. Marie, qui participa au spectacle de son père lorsqu’elle était enfant, devint par la suite une saltimbanque indépendante. En 1940, au hasard de l’exode, elle vint s’installer à Pessat-Villeneuve, près de Riom. Elle y resta jusqu’à sa mort en 1987. Le don qu’elle fit à la Ville permit la réalisation en 1982, d’une grande exposition organisée par les musées clermontois.

Marie Bénévol a été l’invitée de la collection radio (enregistrée) "Les Chemins d’une Vie" présentée par Christian Lassalas sur FR3 Auvergne Radio (5 émissions de 30 minutes du 24 au 28 mai 1982).

 

Ouvrages consultés : Bénévol, le maître du mystère de Jacques Garnier (1929) ; Benevol, catalogue réalisée par les Musées d’Art de la Ville, pour l’exposition Bénévol 1865-1939 du 2 mars au 30 avril 1982.