Festival Jazz en tête
Le saxophoniste Charles Lloyd –invité d’honneur— et le pianiste hypnotique Robert Glasper seront les têtes d’affiche de cette XXIVe édition, placée sous le signe de la virtuosité avec de nombreuses autres pointures du Jazz.
Du 18 octobre au 22 octobre, Maison de la culture
Invité d’honneur du festival, le saxophoniste Charles Lloyd débuta dans les années soixante avec Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams avant de fonder avec le pianiste Keith Jarrett un légendaire quartet, auteur de Forest Flower at Monterey, l’un des plus gros succès de l’histoire du jazz. Relancé dans les années quatre-vingt par Michel Petrucciani, il prend depuis un immense plaisir à enivrer le public de longues ballades en apesanteur. Quarante ans séparent Charles Lloyd de Robert Glasper, mais l’on perçoit le même penchant pour les expérimentations et les rythmes hypnotiques du be-bop. Après avoir absorbé l’histoire moderne du piano, de Herbie Hancock à Keith Jarrett, le pianiste - et quel pianiste ! - affiche son intention de replonger le jazz dans un bain de jouvence, en puisant dans la soul, le hip-hop, le rock et l’électro. Double Booked, phénoménal album sorti en 2009, en fait l’une des figures les plus novatrices du jazz actuel.
Outre Robert Glasper, Jazz en tête met à l’honneur d’autres pointures du piano. Véloce dans les tempos rapides, intime dans les ballades, percussif dans les attaques, Jacky Terrasson baigne son jazz dans de multiples influences qui vont de Thélonious Monk à Bud Powel, en passant par Ravel, Poulenc et même la chanson. Invité régulier du festival depuis 1992, il revient à Clermont avec Malia, jeune chanteuse à la voix chaude. À découvrir aussi, Vijay Iyer, étoile montante repérée par Steve Coleman, dont les nombreux albums sont régulièrement encensés par la critiques (et plus particulièrement le génial Historicity) ; et le Martiniquais Grégory Privat, fondateur du groupe Trio Ka avec lequel il réinvente une biguine toute en percussions antillaises et mélodies caribéennes.
La virtuosité, alliée à une connaissance encyclopédique du jazz, constitue le fil rouge de cette XXIVe édition. Celle de ces pianistes qui poursuivent la démarche initiée en leur temps par Keith Jarret ou Herbie Hancock. Ou encore le staccato brutal, les sonorités gutturales et ses allers-retours inouïs du grave à l’aigue du saxophoniste James Carter, fils spirituel de Sonny Rollins et du jazzmen maudit Albert Ayler ; les envolées lyriques de Jeremy Pelt, digne continuateur du style cool de Miles Davies ; la fluidité de Grégoire Maret, harmoniciste sollicité entre autres par Sting, Pat Metheny, Marcus Miller, Youssn’Dour, Elton John ou Stevie Wonder ; la voix de crooner de Gregory Porter, dans la lignée de Nat King Cole. Décidément, un bien beau Jazz en tête !
En savoir plus :
Jazz en tête, tél. 04 73 35 14 91, site : www.jazzentete.com

