Ville de Clermont-Ferrand

Fiche du : 01/11/2003

Le 29 septembre 2003, Gabriel-Montpied aurait eu cent ans. Quelques jours auparavant, le conseil municipal, dans sa séance d’automne, lui avait rendu un vibrant hommage.


Hommage à l’homme discret, au syndicaliste ouvrier attaché à son travail comme à la solidarité ouvrière, au résistant de la première heure, à l’homme public estimé. D’abord ouvrier puis agent de maîtrise de la métallurgie, il devient syndicaliste militant.

En particulier, secrétaire du syndicat des agents de maîtrise de la métallurgie, sans autre engagement personnel que celui de la défense des intérêts de la classe ouvrière à laquelle il s’est identifié tout entier. Licencié après les grèves de 1936 dont il est l’un des animateurs, il entre alors aux établissements Chartoire. L’occupation allemande fait de ce pupille de la nation, un résistant qui rejoint dès 1941 le mouvement « Libération », sous le pseudonyme de Gaël.

Au printemps 1943, Émile Coulaudon, alias Colonel Gaspard, le charge de l’organisation des premiers maquis destinés notamment à cacher les jeunes gens réfractaires au Service du travail obligatoire en Allemagne. Il crée le maquis Stéphane dans la région de Pulvérières. À la mort de Nestor Perret, en octobre 1943, il devient « chef action » des Mouvements unis de Résistance (MUR) pour Clermont-Ferrand, sous le pseudonyme de Colonel Monique.

 Le 20 janvier 1944, il participe à la première réunion du Comité départemental de Libération présidé par Émile Coulaudon. Avec tout l’état-major de la Résistance auvergnate, il participe ensuite aux combats du Mont-Mouchet. Le 18 juillet 1944, le Comité départemental de Libération le désigne président de la délégation spéciale pour la ville de Clermont-Ferrand. Fin août 1944, cette délégation, qui regroupe tous les courants de la Résistance, se met en place dans Clermont libérée.

Avec Gabriel Montpied à sa tête, elle est reconduite lors des élections municipales de 1945. Gagnant la confiance, le respect, l’affection de la population, le nouveau maire est réélu à cinq reprises jusqu’en 1971. Il est aussi élu sénateur du Puy-de-Dôme de 1952 à 1974, conseiller général de 1955 à 1970, président de l’assemblée départementale de 1964 à 1970. En avril 1973, à l’âge de soixante-dix ans, il cède sa place à Roger Quilliot, après vingt-neuf années de mandats ininterrompues. Il reste simple conseiller municipal jusqu’au renouvellement de 1977. Il décède en 1991.

Chacun sait ce que la ville, l’université, les hôpitaux lui doivent beaucoup dans une période où il a fallu construire, étendre, accompagner le développement industriel et urbain pour faire de Clermont-Ferrand la capitale régionale qu’elle est devenue. Gabriel-Montpied l’a marquée au point de s’identifier à elle puisqu’elle garde partout des traces visibles de son action. Selon les propos mêmes de Michel Charasse*, il fait partie de notre mémoire collective, et restera pour Clermont-Ferrand un grand maire. 

 

* Dans un texte rédigé par Michel Charasse lors du décès de Gabriel Montpied.