Ville de Clermont-Ferrand

 
Juliette Gatto

29 ans
École doctorale de Lettres, sciences humaines et sociales
Spécialité : psychologie sociale

Thèse : Autoritarisme, dominance sociale et préjugés : le rôle de la socialisation dans un environnement normatif policier.
Soutenue le 03/12/2010
 
En bref : L’origine des violences policières à l’égard de populations socialement désavantagées et ses tentatives d’explication sont multiples. Ces recherches postulent que dans certains cas les préjugés intergroupes à l’égard de ces populations ont pu en partie motiver ce type de comportements abusifs, considérant aussi que l’expression même des préjugés envers ces populations constituent une violence à leur encontre. Au cours de cette thèse, il s’est agi d’examiner si les attitudes intergroupes négatives des policiers sont préexistantes à leur intégration dans le groupe policier et/ou dans quelle mesure et à quel niveau l’environnement normatif policier les favoriserait.
 
Laboratoire : LAPSCO - Laboratoire de psychologie sociale et cognitive (CNRS UMR 6024).
 
Résumé
Le principal objectif de cette thèse est d’expliquer les préjugés intergroupes dans la police envers les groupes désavantagés. Une première étude transversale (n = 170) nous a permis de tester deux hypothèses : l’hypothèse de la sélection et l’hypothèse de la socialisation (Article 1). Nous avons comparé, d’une part, les nouvelles recrues de la police avec une population contrôle (effet de sélection) et, d’autre part, les nouvelles recrues avec celles ayant suivi un an de formation (effet de socialisation). Les résultats révèlent un effet significatif de la sélection et de la socialisation en groupe, les deux phénomènes étant sous-tendus par des processus distincts : l’autoritarisme de droite (RWA) dans le cas du premier, et l’internalisation d’une norme de préjugés dans le cas du second. Les résultats montrent également que l’identification au groupe modère l’internalisation d’une norme de préjugés dans le cas du second. Les résultats montrent également que l’identification au groupe modère l’internalisation d’une norme de préjugés. Dans une deuxième étude (Article 2), nous avons eu recours à la modélisation structurale pour évaluer l’impact respectif de la socialisation en groupe et de la projection sociale sur le recours aux préjugés intergroupes des nouvelles recrues ayant suivi un mois de formation ( n = 301). Les résultats soutiennent plus fortement le modèle de la socialisation en groupe que le modèle de projection sociale. Dans une dernière étude (Article 3) mettant en situation de contact des policiers avec des « jeunes de banlieues » (n = 196), nous avons examiné le rôle du contexte normatif policier activé (intolérant vs. Tolérant vs. neutres) et la position numérique occupée (infériorité vs. supériorité vs. équivalence). Les résultats révèlent que les participants sont plus intolérants en position d’infériorité numérique que dans toutes les autres conditions expérimentales. Étonnamment, l’activation d’une mission préventive conduit à une augmentation similaire d’intolérance que l’activation d’une mission répressive. Les implications de ces résultats pour la compréhension des dynamiques qui régulent l’émergence des préjugés et des conflits intergroupes dans la police sont discutées.
 
 
 
Juliette Gatto