L’hôtel de Ville d’hier à aujourd’hui
"L’hôtel de Ville était auparavent le tribunal de grande instance."
Le tribunal : les versions de l’histoire
L’hôtel de Ville était auparavent le tribunal de grande instance. On ne connaît avec précision l’histoire du TGI de Clermont-Fd et plusieurs versions assez divergentes ont été données quant à son origine et à sa date de création.
On prétend qu’il aurait été construit en 1825 au même titre que la Maison d’Arrêt et l’Hôtel de Ville, sur les ruines des Halles que Catherine de Médicis, reine de France et Duchesse de Bourgogne, aurait offertes à la ville de Clermont-Fd au XVIème siècle.
Mais il existe une autre version des faits. En 1831, à l’emplacement actuel du Tribunal se trouvait un ensemble de bâtiments à la fois publics puisque c’est là qu’on rendait la justice, et privés car une partie de cet ensemble était constituée de maisons destinées à des particuliers. Plus tard, un architecte parisien nommé Ledru aurait rasé ces constructions pour reconstruire les édifices que nous connaissons aujourd’hui, commençant par la Maison d’Arrêt, le Tribunal et enfin l’Hôtel de Ville qui aurait été achevé sous la Monarchie de juillet. Cet architecte aurait d’ailleurs donné son nom à la rue "Ledru".
Enfin, un autre ouvrage raconte que le Palais de justice dans lequel siège ce Tribunal aurait été commencé le 28 décembre 1826 et inauguré par le Procureur du Roi, M. Besse de Beauregar le 4 novembre 1833.
L’Hôtel de Ville au passé
Un effort de construction avait été réalisé au XVIIIe siècle dans le but d’équiper et d’embellir la ville, qui ne fut pas poursuivi sous la Révolution et l’Empire. La Restauration reprit le mouvement et la plus grande réalisation fut l’Hôtel de Ville.
Tribunaux, prisons et municipalité occupaient encore en 1815 l’ancien palais de Boulogne. Ces lieux manquant de commodité, on songea en 1818 à placer la municipalité dans l’ancien hôtel d’intendance, l’hôtel de Chazerat, rue Pascal ; vendu pour un prix de 60.000 francs. Une ordonnance royale du 2/6/1819 approuva l’opération. Tout cela avait été si long que M. de Chazerat, revenant sur son acceptation, dénonça les conventions préparatoires.
On se tourna alors vers une autre solution qui était de reconstruire presque complètement les anciens bâtiments du palais de Boulogne : devis et plans furent dressés par l’architecte Louis Ledru. Les travaux débutèrent en 1823 pour la prison, en 1826 pour le palais de justice ; en ce qui concerne l’Hôtel de Ville, on procéda à l’acquisition de diverses maisons bordant le palais et en particulier l’immense immeuble Barre en 1827, qui était situé à l’emplacement de l’aile nord de l’Hôtel de Ville actuel.
Le prix de l’adjudication s’éleva à 228.140,98 F. Une ordonnance royale du 9 juillet 1828 autorisa la Ville à acquérir les terrains nécessaires, l’adjudication des travaux eu lieu en décembre 1828. Après le vote des crédits, les travaux commencèrent en 1829 ; au mois de mai de la même année, il fut demandé au Conseil municipal de faire un effort pour hâter les travaux qui traînaient en longueur. En juillet 1830, le bâtiment atteignait le premier étage.
Faute de fonds, on dut arrêter la construction en 1831, on pensa faire un emprunt mais cela n’aboutit à aucune solution. En mars 1832, Clermont reçut 50.000 F sur les 5 millions attribués aux villes mais cela ne permettait pas d’aller très loin dans les travaux. En 1837, un entrepreneur, M. Jarrier, proposa à la Ville d’achever les travaux, les fonds nécessaires seraient avancés en échange de bons d’emprunt de la Ville à raison de 30.000 F par an. Solution originale qui reçut l’approbation ministérielle qu’en septembre 1840. La construction de l’édifice fut entièrement achevée en 1857.
Sans attendre la fin de la construction, le nouvel Hôtel de Ville était inauguré par un grand bal au profit des pauvres qui fut donné dans la grande salle, le 25 janvier 1840. La même année, le 28 juillet, a été placée, dans les constructions de l’Hôtel de Ville, à l’angle sud-ouest et dans l’épaisseur de la première pierre de refend, au-dessus du deuxième socle, une boîte en plomb refermant une plaque de cuivre sur laquelle était gravée l’inscription suivante :
" Hôtel de Ville commencé en janvier 1829, par l’aile septentrionale, M. le Baron Sers étant préfet du Puy-de-Dôme et M. Blatin, maire de la Ville, auquel a succédé M. Jules Cariol. Cette première pierre a été déposée le 28 juillet 1840 (10ème année du règne de Louis Philippe 1er), M. Meinadier étant préfet, M. Conchon avocat et maire, MM. Verdier, Latour, avocat et juge suppléant au tribunal civil, Conche, docteur en médecine, et Mège, avocat.. M. Ledru, architecte, auteur des plans, M. Boyer, entrepreneur jusqu’en 1836 ; depuis cette époque, l’édifice a été continué et sera achevé par M. Louis Jarrier en 1841".
La finition et la décoration commencèrent aussi avant la fin de la construction de l’Hôtel de Ville. Fin 1838, début 1839, on envisageait la décoration de la grande salle qui pouvait être recouverte de papier ou enduite de stuc. Le Maire interrogea alors M. Pascal Lesage, architecte à Randan, qui lui donna les renseignements suivants : " Les travaux en stuc qui ont été exécutés au château ont été effectués par M. Henri Besc, au 11 rue Monsieur, Faubourg St-Germain à Paris. Non seulement c’est un artiste, mais en plus c’est un homme sur les promesses duquel on peut tout à fait compter et qui tient fidèlement ses engagements, ce qui est rare avec les entrepreneurs actuels ".
Aujourd’hui, la salle des fêtes est divisées en trois parties : la galerie qui mesure 109 m², le petit salon de 43 m² et la salle de réception 280 m². Cette dernière a été le théâtre de nombreuses réceptions : des invités illustres, le Président de la République actuel et son prédécesseur ont pu admirer le plafond et le grand lustre qui inonde la salle de toutes ses lumières. La pièce suivante est la salle du Conseil Municipal, sur l’un de ses murs est accrochée une tapisserie offerte à la Ville par Mme Bureau, la veuve d’un adjoint ; au fond de la salle, derrière le bureau du Maire, est enfermée dans un sous-verre la Croix de Guerre offerte à la Ville pour sa conduite courageuse pendant la Résistance lors de la dernière guerre 1939-1945.
Dans l’ancienne salle des mariages qui fait suite à la précédente, on peut voir sur le mur une tapisserie représentant Marianne d’après un dessin de Cocteau. En descendant l’escalier d’honneur, on remarque un grand tableau que lequel est inscrit : "Arverne Civitas nobilissima", ce qui rappelle que notre Ville était déjà "bien connue" du temps des Romains.
… et au présent
Le Tribunal de Grande Instance parti vers la Cité Judiciaire, place de l’Etoile, l’Hôtel de Ville a investi l’espace laissé vacant. Au sous-sol, les archives ont été réaménagées. Au niveau du rez-de-jardin, une redistribution des bureaux des élus (ils sont désormais deux dans chacun des huit bureaux) et du Cabinet du Maire s’est opérée. On compte également autour de la coursive un "foyer des élus", une salle de réunion et un petit espace d’attente en guise de hall d’entrée des bureaux des adjoints. Deux ascenseurs ont été installés, l’un à partir de l’imprimerie municipale, l’autre à partir du jardin, du côté Halle de Boulogne, qui sert notamment à desservir la salle des fêtes.
Au premier étage, l’ancienne salle des mariages est transformée en salle de réunion, tandis que l’ancienne salle d’audience du tribunal, re-décorée par un trompe l’œil de Slobo (allégorie au plafond et vue de la ville face aux mariés), a été reconvertie en salle des mariages. La 6ème division occupe les locaux côté place Gondard, dont les fenêtres donnant sur la rue Halle de Boulogne. Deux salles de réunions ont été aménagées : dans l’ancienne salle d’audience Michel de l’Hospital et dans l’ancienne bibliothèque des magistrats, dotée de splendides boiseries.

