Ville de Clermont-Ferrand

La tradition de recherche de la ville peut être illustrée par l’exemple de Blaise Pascal. Écrivain-philosophe-scientifique, il fut un génie scientifique envers qui notre époque a de grandes dettes.


Voyez cette machine arithmétique (que l’on peut voir aujourd’hui au Musée Lecoq), dite familièrement pascaline qu’il agença en 1642 pour faciliter les additions de son père, alors intendant du fisc en Normandie. D’elle dérivent toutes nos machines à calculer modernes, depuis la calculette de poche à l’ordinateur moderne.

Pascal construisit une cinquantaine de ces machines dont neuf sont encore connues, dispersées à travers le monde. L’une d’elles fut acheté pour quelque francs, au début du siècle, par un brocanteur qui crut y voir une boîte à musique détraquée.

Pascal, l’inventeur de la "Géométrie du hasard" :

Voici un échange de courrier datant de 1654 entre Blaise Pascal et Pierre Fermat concernant un problème posé à un joueur mondain le Chevalier de Méré, problème devenu célèbre, appelé aujourd’hui le problème des parts, et que Pascal pose en ces termes : "deux joueurs jouent à un jeu de hasard équitable. Chacun a mis 32 pistoles au jeu et le premier qui gagne trois parties empoche les mises. Le jeu est interrompu dès que le premier joueur a gagné deux parties et l’autre une. Comment les mises doivent-ellesêtre réparties ?"

Naissait une théorie que Pascal désignait en ces termes :

"...voici un traité tout à fait nouveau, d’une matière absolument inexpliqué jusqu’ici, savoir : la répartition du hasard dans les jeux qui lui sont soumis..." "...les résultats du sort ambigu sont justement attribués à la contingence fortuite plutôt qu’à la nécessité naturelle...grâce à la géométrie nous avons réduit cette question avec tant de sûreté à un art exact, qu’elle participe de sa certitude et déjà progresse audacieusement. Ainsi joignant la rigueur des démonstrations de la science à l’incertitude du sort, et conciliant ces deux choses en apparence contradictoires elle peut tirant son nom des deux s’arroger à bon droit ce titre stupéfiant de "GEOMETRIE DU HASARD".

Cette théorie qui a fini d’être achevée en 1933 par le Russe Kolmognof appelée théorie des probabilités est aujourd’hui omniprésente dans tous les aspects de notre vie relatifs aux prévisions. Songez à ce que lui doivent, non seulement les météorologues, les contrôles de qualité en entreprise, les instituts de sondage d’opinions, la mesure des trajectoires d’électrons en physique, les compagnies d’assurances, mais aussi les praticiens du loto, du tiercé, de tous les jeux de chance. Il appliqua d’ailleurs son calcul au célèbre pari sur l’existence de la vie éternelle.

Ses travaux sur la pression atmosphérique, notamment la fameuse expérience du Puy de Dôme accomplie sur ses instructions détaillées par son beau-frère Périer, puis reprise par lui-même, ont conduit à l’invention du baromètre, de la météorologie et de l’altimètre, si indispensables aux voyages aériens. Il inventa aussi la chaise à porteur à deux roues et mit au point le système du carrosse à cinq sous, le premier transport collectif à Paris.