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La cathédrale de Clermont : quand l’art gothique faisait fureur

Fiche du : 01/07/1996

L’art gothique faisait fureur en France et en Europe, et l’évêque de Clermont, Hugues de la Tour, avait grande envie d’avoir dans sa ville une cathédrale au goût du jour.

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Si notre cathédrale est célèbre pour sa couleur noire et pour ses flèches construites au XIXe siècle par Viollet-le-Duc, sait-on que l’essentiel – et la partie la plus intéressante – de l’édifice a été construit au XIIIe et au XIVe siècles ?
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Un détail du vitrail de la chapelle du Saint-Sacrement
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Le chœur, construit par Jean Deschamps, au XIIIe siècle
En 1248, il engage les travaux de l’actuelle cathédrale, après avoir fait démolir l’ancien édifice roman dont il ne reste aujourd’hui que la crypte. Alors que l’arkose était jusque-là utilisée pour la construction des bâtiments, on préféra la pierre de Volvic, l’andésite, pour le nouvel édifice (ce matériau servit ensuite pour tous les bâtiments clermontois jusqu’au XIXe siècle). De 1248 à 1287, le chœur est construit sous la direction de Jean Deschamps, puis de son fils (ou petit-fils), Pierre Deschamps, qui poursuit en élevant le transept, les deux portails nord et sud, et la première travée de la nef. De cette période de construction, la cathédrale a conservé un véritable trésor architectural : les épures du portail nord tracées dans la pierre par les architectes du XIIIe siècle, visibles sur les terrasses servant de toit aux bas-côtés de l’édifice. Les splendides vitraux du chœur datent du XIIIe siècle (la présence des armes de France et de Castille sur les verrières des chapelles placées derrière le maître-autel en attestent). Ils auraient été donnés par Saint-Louis, en 1262, à l’occasion du mariage dans la cathédrale, de son fils Philippe avec Isabelle d’Aragon. Ces vitraux semblent provenir de l’atelier qui avait réalisé ceux de la Sainte-Chapelle de Paris. La rose à dominante bleue placée au dessus du portail nord date du XIVe ainsi que celle à tonalité orangée qui surplombe le portail sud. Toutes les deux s’inscrivent dans un carré de 8,50 mètres de côté. Le dessin en est presque identique à l’exception du pourtour plus allégé dans la rose sud. La cathédrale disposait dès cette époque d’orgues (encore peu en usage dans les cathédrales) qui étaient placés près du chœur. De 1325 à 1340, deux tours sont construites dont il ne reste que la tour de la Bayette. Son nom vient du vieux verbe français bayer qui signifie regarder (en temps de guerre, la Ville y installait une sentinelle pour faire le guet). La cage en fer ainsi que la grosse cloche placée à l’intérieur ont été rajoutées en 1606. De 1340 à 1355, Pierre de Cébazat ajoute trois nouvelles travées à la nef. Puis, la Guerre de Cent Ans interrompt les travaux qui ne sont repris qu’au XIXe siècle avec l’élévation des deux flèches et la construction de la dernière travée.