Ville de Clermont-Ferrand


C’est à l’ouest de Clermont-Ferrand que jaillissait la source des Roches, entre la bordure calcaire des terrains de Limagne et la coulée de lave issue du petit puy de Dôme. Très chargée en gaz carbonique, son eau était utilisée, entre autres, pour traiter des affections telles que les anémies, le rachitisme, les gastro-entérites, l’anorexie ou les ulcères.

En 1958, un curage de la source livre, parmi les boues, un lot de monnaies et de nombreux tessons mais aucun bois sculpté. Quelques années plus tard, lors des chantiers de construction de la résidence La Source des Roches, la découverte des ex-voto provoque deux fouilles de sauvetage, réalisées sous le contrôle de la Direction des Antiquités Historiques, en 1968 et pendant l’hiver 1970-71. Plus de 10 000 fragments de bois sculptés sont alors recueillis, sous une épaisse couche de tourbe et de débris d’algues microscopiques. La fouille a également livré une plaquette en plomb gravée (probablement une tablette de défixion), des vases et des tessons de céramique, des monnaies et des petits objets (dés et jetons à jouer, fibules, anneaux, pendentifs) qui ont permis de dater ce site.

Dans la cuvette naturelle creusée par les eaux, les ex-voto étaient dispersés sans ordre particulier. Seule la bordure du bassin était, semble-t-il, aménagée par un lit de galets afin de faciliter l’accès aux eaux. Aucune construction antique, aucun édifice cultuel n’ayant été retrouvés, il est probable que la source des Roches a été un sanctuaire de pleine nature, entouré de constructions de bois légères abritant les échoppes des artisans. Les pollens retrouvés sur le site laisseraient penser qu’il y avait autour du bassin une forêt, exceptionnellement dense pour la région, de chênes, de saules et d’aulnes. Certains archéologues évoquent la possibilité d’un « bois sacré » sur ce site, c’est-à-dire un sanctuaire de pleine nature où se manifestait une divinité locale.

Si les dépôts d’ex-voto sont connus, il existe en revanche très peu de sites comparables à celui de la source des Roches. Les sources de la Seine à Dijon, par exemple, ont livré une des plus importantes collections d’ex-voto gallo-romains. Découvertes au XIXe siècle, les sources de la Seine accueillaient un site monumental dont les abords étaient aménagés de deux bassins et d’un temple gallo-romain. Cette source était en activité entre le Ier et le IVe siècle après J.-C. Si les deux sites présentent des similitudes notamment dans les catégories d’ex-voto en bois retrouvés, la facture des ex-voto de Chamalières semble cependant plus aboutie. A l’inverse, le site des sources de la Seine a livré des exemples d’ex-voto en pierre et en bronze, sans équivalent à Chamalières.