Ville de Clermont-Ferrand

On en parlait depuis longtemps ! Déjà vers 1840, Amédée Thierry, un membre de l’Académie française, avait eu l’idée d’ériger à Clermont-Ferrand un monument au glorieux adversaire de César. Le ministre Guizot avait même promis de s’y intéresser, mais la Révolution de 1848 ajourna la décision. On espéra ensuite que Napoléon III, auteur de "La vie de César", donnerait une impulsion décisive au projet. En vain. En 1870, Bartholdi, un jeune sculpteur alsacien, expose une statue équestre de Vercingétorix au Salon des Champs Élysées, mais les événements de cette année repoussent une fois de plus le projet pour Clermont-Ferrand. Il faut attendre l’année 1900, alors que la statue en bronze est présentée à l’Exposition Universelle, pour que Bartholdi accepte de la livrer à Clermont-Ferrand.


Ramenée dans la capitale auvergnate en 1902, elle est placée provisoirement dans la cour du Palais universitaire, l’actuel rectorat. Une maquette montée sur des roulettes est alors déplacée de place en place, soumise à l’approbation des Clermontois qui finissent par choisir la place de Jaude comme lieu d’installation définitif. Le 12 octobre 1903, en présence du président du Conseil, Émile Combes, et du ministre de la Guerre, le général André, la statue est officiellement inaugurée. A 10 heures, le cortège officiel arrive place de Jaude tandis que 400 chanteurs interprètent une cantate composée par le directeur de l’École normale. Les Participants à la cérémonie se rendent ensuite aux Gravanches à un gigantesque banquet prévu pour 4 500 personnes. Mais l’abondance des convives est telle que la nourriture devient vite insuffisante et le repas se termine dans un total pugilat : assiettes et verres volent en éclat. L’affaire se réglera au tribunal. Bartholdi : le sculpteur de la statue de la Liberté Né à Colmar, Frédéric-Auguste Bartholdi expose sa première statue représentant le général Rapp, à l’âge de 22 ans. Profondément marqué par les événements de 1870-1871, il produisit alors ses œuvres les plus remarquables parmi lesquelles "Le Lion de Belfort", accroché au flanc de la citadelle de la ville, et "La Liberté éclairant le monde" installée dans le port de New-York. Il meurt en octobre 1904, un an presque jour pour jour, après l’inauguration du monument de Vercingétorix à Clermont-Ferrand.