Accueil du site > Culture > Patrimoine > Fiches patrimoine > Le jacquemart de la cathédrale de Clermont. Le temps, la guerre et les plaisirs

Le jacquemart de la cathédrale de Clermont. Le temps, la guerre et les plaisirs

Fiche du : 01/03/1998

On l’entend sonner discrètement tous les quarts d’heure est l’on peut voir ses personnages se déplacer pour frapper à chaque heure un timbre placé au centre. C’est une horloge à automates du XVIe siècle en bois doré, un véritable trésor arraché en 1577 à un monastère d’Issoire, pendant le siège de la ville.

Illustration
Le Temps, représenté par un vieillard, rappelle la mort. Il tenait à l’origine, une faux dans la main droite.
Illustration


Ce jacquemart est placé dans le transept, prés du portail nord. L’un de ses timbres porte la date de 1527 qui fut probablement celle de son exécution. Lorsque, enlevé à Issoire, il fut acheté par la Ville de Clermont, celle-ci l’installa dans l’église de Saint Genès jusqu’à sa fermeture en 1794. L’horloge fut alors transportée dans la cathédrale. L’ensemble comprend trois grandes statues de 1,70m de haut. La figure du milieu représente le Temps : c’est un vieillard muni d’une longue barbe. Il est affublé d’ailes non déployées signifiant à la fois la fuite du temps et la fixité dans la mesure où ces ailes sont semi-ouvertes. Le Temps soutient un cadran sur lequel se déplacent les aiguilles en forme de flèches symbolisant la blessure formée par les heures qui disparaissent.

Le Temps est encadré de deux automates qui frappent alternativement les heures sur la cloche placée devant la tête du Temps. Les jambes des deux personnages restent immobiles tandis que les torses auxquels sont attachés les bras et les marteaux se déplacent en direction du Temps. Les deux automates représentent Mars et Faunus. Selon certains historiens, l’auteur de l’œuvre aurait voulu symboliser la vie des hommes, partagée entre la guerre (Mars) et les plaisirs (le Faune, divinité joyeuse, passait ses journées et ses nuits à courir en quête d’aventures divertissantes).

Il se peut que Mars et Faunus aient, à l’origine, sonné également les quarts d’heure en se tournant sur le côté. On suppose aussi que des carillons retentissaient à l’heure de l’Angélus. Mais durant ses pérégrinations d’Issoire à Clermont, puis de Saint Genès à la cathédrale, l’horloge a subi des transformations qui ont simplifié son mécanisme. Malgré cela, cette horloge, un peu ignorée parce que placée dans la pénombre du lieu saint, reste un superbe et curieux élément du mobilier de la cathédrale.