Le jardin Lecoq

Fiche du : 01/05/1997

Il est à Clermont ce que l’avenue des Champs-Élysées est à Paris. De « Jardin des plantes », il est devenu en 1871 « Jardin Lecoq », en hommage à Henri Lecoq, et fait le bonheur des petits et des grands depuis 200 ans.

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Le kiosque à musique a été remplacé en 1957 par le théâtre de verdure.
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Les Clermontois payaient 2 francs la journée de patinage.

Les jardins botaniques ont fleuri en France dès le XVIIe siècle. A Clermont-Ferrand, c’est en 1745, qu’une telle demande est adressée, pour la première fois, au Conseil de la Ville, par le Collège de médecine, et en 1769, l’abbé Delarbre, curé de Royat, docteur en médecine et botaniste, propose même de s’en occuper. Encore fallait-il l’assentiment royal.

En 1779, l’Intendant d’Auvergne, M.de Chazerat, écrit à Necker : « Un ecclésiastique de cette province, botaniste éclairé, a fait une collection de différentes plantes indigènes. Il m’a offert de les céder gratuitement pourvu qu’on lui offrît un jardin propre à les contenir. »

Deux ans plus tard, le jardin est finalement créé entre la porte Saint-Esprit et la porte des Cordeliers, puis déplacé plusieurs fois, passant dans le terrain d’un certain Chabrol (qui donna son nom à la cité) à celui d’un couvent près de l’Hôtel Dieu, pour s’installer enfin sur l’emplacement actuel qui constituait alors l’enclos des pères Charitains. L’abbé Delarbre dirigea le jardin jusqu’à sa mort en 1807. L’abbé Lacoste lui succéda, puis Henri Lecoq, pharmacien, chercheur en histoire naturelle et mécène, à partir de 1826. En 1854, la municipalité agrandit le parc aux dimensions actuelles et Henri Lecoq l’organise avec goût.

Les allées de la roseraie entourées d’espaliers et de pergolas convergent vers un bassin. Une grande pièce d’eau enjambée par une passerelle longe une guinguette construite en treillage (qui fut, en 1930, remplacée par une rotonde en béton !). Les serres aux senteurs exotiques participent également à la qualité du jardin (elles seront supprimées en 1981 pour des raisons de sécurité).

Un kiosque à musique tout proche fait aussi le bonheur des Clermontois comme le signale en 1897, le journal « L’Avenir du Puy de Dôme » : « Le dimanche, quand arrive l’heure où l’une de nos deux excellentes musiques militaires va se faire entendre, les allées sont littéralement envahies ; le jardin Lecoq est à Clermont ce que l’avenue des Champs-Élysées est à Paris… » (en 1957, le kiosque sera remplacé par un Théâtre de verdure). En 1899, la municipalité lance un projet de mise en place d’une grille autour du jardin, provoquant une âpre polémique parmi la population clermontoise, qui dura jusqu’à l’installation définitive de la clôture, en 1909. En 1912, la partie botanique du jardin est transférée de l’autre côté de la rue Vercingétorix, puis en 1974, dans les jardins de La Charme.

Lors de la destruction du château de Bien-Assis qui appartenait à Mme Périer, sœur de Blaise Pascal, en 1915, la porte de la cour d’entrée est préservée et installée dans le jardin Lecoq où l’on peut aujourd’hui encore la franchir.