Ville de Clermont-Ferrand

Fiche du : 01/03/2003

En 1797, André-Jacques Garnerin, l’inventeur du parachute, effectue à Paris le premier véritable saut en parachute d’un ballon. Quelques années plus tard, il réitère son exploit à Clermont-Ferrand devant une foule en émoi.


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Le 5 août 1812, le Journal du Puy-de-Dôme publiait l’annonce suivante : “M.Garnerin, connu pour ses nombreux voyages aériens, fera voir à la ville de Clermont, pendant le cours de la foire, les expériences aérostatiques les plus curieuses, qu’il a faites plusieurs fois sous les yeux du grand Napoléon et en Russie, sous les yeux de l’empereur Alexandre…”. Garnerin à Clermont-Ferrand ! L’enthousiasme des Clermontois fut immense lorsqu’ils apprirent que l’inventeur du parachute, célèbre dans le monde entier, allait se trouver dans leurs murs… Son nom était auréolé d’un tel éclat que tout le monde voulait voir ce demi-dieu, capable non seulement des plus audacieuses ascensions, mais encore, et cela au moyen d’un simple morceau d’étoffe, des plus vertigineuses descentes. André-Jacques Garnerin, né à Paris en 1770, avait construit tout seul une montgolfière. En 1794, fait prisonnier puis enfermé dans une forteresse inaccessible au cours d’une mission militaire, il avait conçu l’idée du parachute. Malheureusement, ses geôliers le découvrirent et il dut attendre sa libération pour poursuivre son entreprise. Le 22 octobre 1797, il tentait son premier saut en parachute d’un ballon. Le savant astronome Lallande, qui en fut le témoin enthousiaste, relata les faits : “Le 1er brumaire de l’an VI, à 5h28 minutes du soir, le citoyen Garnerin s’éleva à ballon perdu au parc Monceau. Un morne silence régnait dans l’assemblée. L’intérêt et l’inquiétude étaient peints sur les visages. Lorsqu’il eut dépassé la hauteur de 350 toises, il coupa la corde qui joignait son parachute à l’aérostat : ce dernier fit explosion et le parachute sur lequel Garnerin était placé descendit très rapidement. Il prit un mouvement d’oscillation si effrayant qu’un cri d’épouvante échappa aux spectateurs et des femmes sensibles se trouvèrent mal. Cependant, Garnerin descendit dans la plaine Monceau, monta à cheval sur-le champ et revint au parc Monceau au milieu d’une foule immense qui montrait son admiration pour le talent et le courage de ce jeune aéronaute. En effet, le citoyen Garnerin est le premier qui ait osé entreprendre cette expérience hasardeuse…” La popularité de Garnerin, au cours de ses nombreux exploits en parachute, n’avait fait que grandir, et à son arrivéeà Clermont-Ferrand, il connut un véritable triomphe. La descente en parachute devait avoir lieu dans les jardins du Grand séminaire et, pour assurer toute tranquillité à cette démonstration, de nombreux prisonniers de guerre espagnols, retenus alors à Clermont-Ferrand, furent consignés dans leurs chambres. Tout Clermont se précipita vers les jardins du Grand séminaire où, pour le prix d’entrée de 2 francs, il était possible d’assister à “une magnifique descente en parachute”. La foire de Clermont, pourtant, présentait de fort belles attractions. Pour la première fois, apparaissaient les briquets phosphoriques à pompes et les cadenas qui s’ouvraient de 331.176 manières. Mais briquets et cadenas furent délaissés pour la descente de Garnerin qui éblouit tout le monde.

 

Extrait du Bulletin des Amis du Vieux Clermont d’avril-mai-juin 1961.