Ville de Clermont-Ferrand

Le 7 janvier 1890, les Clermontois se pressent en foule pour prendre, pour la première fois, leur tramway.


Le "wattman" conduisait le tramway et un receveur – ou une receveuse – distribuait les tickets et actionnait une cloche-plafonnier pour annoncer le départ. Le 7 janvier 1890, les Clermontois se pressèrent en foule pour prendre, pour la première fois, leur tramway. Mis gratuitement, ce jour là, à disposition de la population, il déchaîna l’enthousiasme et aussi… quelque malveillance relatée le lendemain dans le Moniteur du Puy de Dôme : "De tristes personnages ont coupé toutes les courroies en cuir des vasistas de la voiture n°10 et les ont emportées".

Et le retard devint un atout ! Les hésitations des décideurs, l’abandon successif des concessions avaient placé Clermont-Ferrand en retard par rapport aux autres villes de même importance en matière de transport collectif. Et c’est grâce à la ténacité et à l’audace d’un entrepreneur de travaux publics, Jean Claret, qui obtint en 1887 la rétrocession de l’exploitation du transport par tramway à Clermont-Ferrand, que les travaux ont pu être enfin engagés à la fin de l’année 1888. Le retard devint alors un atout, puisque, profitant des toutes dernières technologies, on décida sur sa proposition, d’utiliser la traction électrique par câble aérien, ce qui ne s’était encore jamais fait en France ! La première ligne joignait Montferrand à Royat avec un embranchement vers la gare P.L.M. par la rue de Châteaudun. Une deuxième ligne est ouverte en 1893, puis une troisième en 1895, une quatrième en 1912 et une cinquième en 1914. En 1922, une liaison Beaumont-Ceyrat est créée et, en 1928, une autre section entre la Barrière d’Issoire et Aubière.

Les passages du tramway étaient espacés de 3 à 6 minutes, la vitesse autorisée de 20km/heure. Certains wagons, appelés "baladeuses", étaient à clairevoie et ne fonctionnaient que l’été. En 1896, un voyageur payait 0,20F pour le trajet Jaude-Royat. Le tramway s’est arrêté en 1956, pour... laisser la place à l’autobus moderne qui s’imposait alors partout.