Ville de Clermont-Ferrand


La réunion du Musée Bargoin (archéologie) et du Musée du Tapis et des Arts textiles en un seul musée doté de deux départements constitue le véritable déclencheur de cette exposition. Brigitte Batteux perçoit alors la possibilité d’exposer au musée Bargoin comme une véritable ouverture dans ses recherches sur l’identité, comme le moyen d’aller plus loin sur les traces de l’humanité. Après de nombreuses heures passées à découvrir les collections du musée – dans les salles comme dans les réserves – le projet Passeurs commence à prendre forme.

Les collections du musée témoignent d’une mise en abîme générationnelle. Chacun, même involontairement, est passeur … du temps, de la vie, de la mémoire, des savoir-faire. Cette dimension anthropologique des collections lui offre quelque chose de primordial, de l’ordre de l’humain, très proche de ses aspirations.

« Ce projet n’arrive pas par hasard car j’ai toujours eu ce regard, cette attention… Etudiante je suivais les cours d’ethnologie de Jean Laude à la Sorbonne. Il n’est donc pas étonnant de constater que c’est mon travail d’artiste qui me ramène aux sciences humaines. Dans une société où « tout » est répertorié, « sectorisé », il me plaît beaucoup de pouvoir pousser les barrières et d’entrer dans l’immense cour de l’humanité, d’aller sur la trace de l’homme, de « pénétrer sa mémoire » explique l’artiste.  
 
Et d’ajouter qu’à travers cette déambulation, elle souhaiterait confronter le visiteur à sa propre réalité, susciter des sensations lointaines ou oubliées, les faire surgir inopinément. 

« La mythologie individuelle ne sert-elle pas de fondement à la pensée universelle ? »