Ville de Clermont-Ferrand

Les données architecturales.


Parti urbain
La conservation de l’ancienne gare routière sur le boulevard François-Mitterrand contraint fortement l’organisation du projet. Sa position sur le boulevard François-Mitterrand et son architecture connus pour accueillir du public, vouent naturellement ce bâtiment à devenir l’entrée du nouvel équipement culturel. Mais son gabarit, très modeste au regard des constructions environnantes, fragilise son statut. La nouvelle construction s’inscrit dans un rapport subtil d’échelles qui permet d’intégrer sans la dénaturer l’ancienne gare dans un nouvel ensemble beaucoup plus important. Les volumes sont organisés progressivement sur la parcelle de manière à offrir des façades sur rues de hauteurs comparables avec les bâtiments voisins, alors que les volumes tout en hauteurs de la grande salle sont positionnés en retrait. Côté Sud, rue Abbé-de-l’Épée, la façade s’infléchit en retrait de la limite de parcelle afin d’offrir des espaces piétons plantés, en cohérence avec les aménagements paysagers situés de l’autre côté de la rue, aux abords du stade nautique Pierre-de-Coubertin. Une cour de service couverte et discrète, mais largement ouverte sur la rue Abbé-de-l’Épée, sera créée de manière distincte de celle de la Maison de la Culture. Le parti fonctionnel d’implanter les deux salles de spectacles de plain-pied contraint d’utiliser la totalité de la surface du terrain, y compris la bande prévue initialement non constructible le long de la rue Léo-Lagrange. Des précautions seront prises pour préserver les vestiges archéologiques de cette zone.
Afin d’assurer la continuité des cheminements piétons longeant le stade nautique, l’emprise de la voirie de la rue Léo-Lagrange sera réduite. Le stationnement du public sera localisé sur la place des Salins. Trente places de stationnement sont prévues pour le personnel et les véhicules de service.

Parti architectural
Côté Nord, l’ancienne gare routière accueille toutes les fonctions d’accueil du public. Sans transformation majeure de son aspect originel, à l’exception de la suppression du dernier étage en retrait, elle constitue la façade identitaire de La Comédie au Nord, sur le boulevard François-Mitterrand. L’écriture architecturale des constructions neuves, à base de volumes simples aisément identifiables traduit la nature des lieux. Ouverte au Sud par de larges baies qui laissent transparaître l’activité interne des bureaux, loges et autres ateliers, l’architecture se referme rue Léo-Lagrange du côté droit de la salle de 350 places. Seules les circulations du rez-de-chaussée s’ouvriront sur cette rue. Un retrait formant un «  joint creux urbain  » articule anciens et nouveaux bâtiments. Bien que partageant l’usage du béton en façade, les écritures architecturales des deux parties se distinguent fortement pour remémorer l’histoire du lieu.
À l’intérieur, le jeu des contrastes créera la surprise. Après avoir traversé des circulations traitées avec une grande sobriété et une présence constante de la lumière naturelle, le public découvre l’ambiance chaleureuse de la salle de 900 places aux diverses nuances de rouge et à l’architecture plus complexe. Son organisation avec plusieurs niveaux de passerelles techniques en périphérie du parterre, évoque une interprétation architectonique des salles à l’italienne qui ont marqué durablement la «  mythologie  » du théâtre. Là, il est question d’offrir un outil performant où le rapport scène/salle, les équipements scéno-techniques, et le traitement acoustique participent à la qualité de la représentation. Les sièges se trouvent tous sur un seul niveau de parterre en gradin. Les balcons traditionnels en forme de fer à cheval ont été transformés en une superposition d’anneaux. Ce langage architectural à l’identité forte, présente de multiples avantages acoustiques et scénographiques.