Ville de Clermont-Ferrand


Plus de 50 fontaines et bassins, de différentes époques et de styles variés, agrémentent la ville. Voici quelques exemples.


La Fontaine Urbain II :

Elle célèbre le VIIIème centenaire du prêche de la Première Croisade, en 1095, lors du Concile de Clermont-Ferrand. Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II profite d’un concile à Clermont pour lancer un appel aux chevaliers afin qu’ils fassent le voyage à Jérusalem et repoussent les infidèles. Ceux-ci, des Turcs, menacent d’abattre l’empire chrétien d’Orient et multiplient les obstacles aux pèlerinages en Terre Sainte, sur le tombeau du Christ... Cet appel est l’amorce de ce que l’on appellera beaucoup plus tard la première croisade. L’architecte Teillard et le sculpteur Gourgouillon ont superposé des bassin en lave de Volvic, avec un décor au bestiaire néogothique. L’ensemble est sumonté de la statue du pape en bronze. Il fait face à la cathédrale et désigne de la main droite la direction de la Terre Sainte.


La Fontaine Saint Genès :

Aussi appelée Fontaine Royal, elle a été construite au XIXème siècle, dans le style Renaissance. L’eau est crachée par deux têtes d’atlantes à la manière d’Atlas portant le ciel sur ses épaules. L’ensemble est surmonté par un groupe en fonte (signé du fondeur Antoine Durenne) où deux putti (bambins, angelots) portent un grand vase orné d’une frise grecque et de têtes de lions.


La Fontaine du Terrail :

En 1598, on projeta de construire une fontaine monumentale sur la petite place qui s’ouvrait devant l’ancienne porte du Terrail. L’abbé de la puissante abbaye de Saint-André, Etienne de la Barge, se chargea de financer l’opération, moyennant la cession d’une certaine quantité d’eau pour sa maison, située en face. Un traité avec le fontainier Antoine Chappard conclut l’affaire, mais le monument ne fut jamais exécuté. Une autre fontaine fut construite mais ne donna pas satisfaction aux habitants qui se plaignaient qu’elle « ne tire poinct ». En 1684, la municipalité loua une maison proche afin d’y loger l’intendant. Avant de s’installer, celui-ci demanda que l’on rétablit un jet d’eau qui se trouvait dans son jardin. Incapable de fonctionner correctement, la fontaine du Terrail qui devait alimenter le jet d’eau, fut alors reconstruite : c’est celle que l’on voit aujourd’hui. En pierre de Volvic, elle comprend un bassin circulaire, décoré du blason de la ville placé dans une couronne de feuillage et accompagné de la devise de l’Auvergne « Arverna civitas nobilissima » difficilement lisible parce que fortement martelée en 1793. Au-dessous de l’écusson est inscrite l’année de la construction, dont on ne peut déchiffrer que les deux premiers chiffres. Au centre du bassin, se dresse une colonne terminée en demi-sphère couverte d’écailles imbriquées. Quatre niches y sont creusées dans lesquelles des enfants nus, les génies des eaux, sont assis sur des dauphins. Trois d’entre eux ont chacun un pied sur un escargot. Les têtes des dauphins d’où jaillissent les jets d’eau reposent sur des coquilles. À la base de la colonne, on retrouve la date de la construction de la fontaine et la signature du sculpteur : Paquin, du nom d’une famille qui comptait, à cette époque, plusieurs sculpteurs.


La Fontaine d’Amboise :

C’est sans doute la plus belle et la plus ancienne fontaine de Clermont-Ferrand. Une inscription en latin rappelle que l’évêque du diocèse de Clermont, Jacques d’Amboise, fit réaliser cette fontaine en 1511 par le sculpteur Chapart. L’évêque, originaire de Touraine et admirateur des œuvres qui décoraient sa province, fit exécuter ce gracieux monument en pierre de Volvic par des ouvriers venus de son pays et le fit installer sur la place dite Derrière-Clermont, devant le Portail sud de la cathédrale. Cette fontaine n’était pas seulement ornementale mais aussi utilitaire : les Clermontois venaient y puiser leur eau. En 1515, Pierre Guichom fontainier et maître expert de Liège, installe des tuyaux d’argile pour amener l’eau depuis Royat. D’abord infructueux, ces essais sont reconduits et aboutissent en 1573. Après 3 siècles près de la cathédrale, la fontaine es transportée en 1808 "pour les raisons d’urbanisme précurseur", jusqu’à la place Delille (appelée alors place Champeix). En 1855, elle est encore déplacée jusqu’au carrefour du cours Sablon et de la rue des Capucins. Enfin, en 1962, on l’installe, place Poterne, tout en haut de la butte de Clermont.


La Fontaine de la place Delille :

La fontaine de la place Delille a été coulée par Durenne en 1885. Elle remplaça la fontaine d’Amboise qui avait fait station sur cette place de 1808 à 1855 avant de migrer sur le Cours Sablon jusqu’en 1962. En 1855, la place Delille avait cessé d’être le lieu d’accueil des paysans limagnais pour devenir celui des voyageurs du chemin de fer. A ce titre, elle fut nivelée, plantée d’arbre et pourvue d’une fontaine monumentale dans le plus pur style de l’époque.