Notre Dame du Port : entre arkose et nombre d’or
Fiche du : 01/03/1997
Le « Portus » était l’endroit où l’on « apportait » les marchandises et où se tenait le marché. C’est l’origine du nom de Notre-Dame du Port, qui s’est tout de même d’abord appelée Sainte Marie Principale, parce que le comte qui habitait le château voisin, se nommait le « princepts » (le premier).

Le clocher et l’abside de Notre-Dame du Port en 1830 (lithographie de Engelmann).
Au VIe siècle, une première église est édifiée en l’honneur de la Vierge Marie. Détruite par les Normands au IXe siècle, elle est restaurée peu après et servira se base à l’église romane actuelle construite au XIIe siècle. La surprenante unité des matériaux, du plan et du style (les grandes églises du Moyen Âge s’édifiaient sur de nombreuses années, voire des siècles, ce qui entraînait des ruptures architecturales) laisse penser qu’elle fut construite d’un seul tenant. Réalisé en arkose blonde – les carrières de Volvic ne furent ouvertes qu’à la fin du XIIe siècle, l’édifice s’élève selon des proportions exceptionnellement harmonieuses. Guy Mourlevat a vu là (et l’a vérifié par de nombreuses mesures tant en plan qu’en élévation) une application du mystérieux « nombre d’Or », cette proportion idéale chargée d’un potentiel symbolique, esthétique et mystique. En 1478, un violent tremblement de terre détruisit le clocher du transept qui n’est reconstruit qu’en 1843 en même temps que l’on remplaça les tuiles du toit par des dalles de Volvic. Un déplorable clocher en lave avait déjà été élevé au-dessus du narthex entre 1823 et 1825. Quant aux pierres multicolores formant la marqueterie du revêtement visible au chevet de l’église, ce ne sont pas des marbres venus de loin comme on en employait aux temps mérovingiens, mais des matériaux trouvés sur place : grès, laves, scories noires ou rougeâtres. Alliées aux damiers superposés, aux modillons qui soutiennent les corniches, elles constituent un décor inspiré de Rome, de Syrie et de l’Espagne musulmane, rappelant notamment celui de la mosquée de Cordoue antérieure de 400 ans aux églises romanes d’Auvergne. Depuis sa fondation, Notre Dame du Port n’a pas cessé de recevoir les hommages des habitants de Clermont comme des pèlerins étrangers. La tradition de la procession du premier dimanche suivant le 15 mai remonte à 1614 lorsque 8000 personnes décidèrent d’organiser une procession le jour de l’Ascension, après un hiver désastreux. L’année 1615 apporta une telle abondance de blé et de vin que le 15 mai fut déclaré fête solennelle et chômée.
D’importants travaux de rénovation de l’édifice sont en cours et on peut apprécier ceux réalisés à l’extérieur (notamment le chevet) à partir d’un belvédère accessible librement de juin à septembre et sur demande pour les groupes à l’office du Tourisme aux autres périodes. Fléchage à partir du parvis.
L’intérieur sera fermé au public à partir de septembre 2006 pour des travaux importants de remise dans l’état où elle était en 1900, avec toutes ses couleurs d’origine. Pendant au moins deux ans, il faudra se contenter d’une visite virtuelle à travers une exposition présentée dans une boutique de la rue du Port.

