Ville de Clermont-Ferrand

Fiche du : 01/03/2002

Prêtre jésuite, philosophe, géologue et paléontologue de renommée mondiale, Pierre Teilhard de Chardin a donné une dimension nouvelle à la science et à la foi. L’originalité et la puissance de sa pensée sont aujourd’hui encore, étudiées, commentées, reprises... Cet homme, à l’intelligence universelle, auteur de quelque deux cent cinquante articles scientifiques et d’ouvrages philosophiques majeurs comme Le phénomène humain, Le milieu divin, L’énergie humaine, L’avenir de l’homme.... est toujours resté fidèle à sa patrie d’origine, l’Auvergne, revenant s’y ressourcer entre deux expéditions en Chine, Ethiopie, Inde, Birmanie, ou Afrique du Sud.


Pierre Teilhard de Chardin est né le 1er mai 1881, dans le château de Sarcenat sur la commune d’Orcines, quatrième d’une famille de onze enfants. C’est là qu’il passa l’essentiel de son enfance et de sa jeunesse. La famille avait aussi l’habitude de séjourner, en hiver, à Clermont-Ferrand, dans un hôtel particulier, et de passer une partie de l’été à Murol dans une autre propriété familiale. Mais c’est à Sarcenat, qu’il reviendra le plus souvent, tout au long de sa vie, contempler, à l’horizon la chaîne des puys, plus près le plateau de Gergovie et la ville de Clermont.

Un paysage s’accordant à ce point avec ses recherches et son horizon intime, qu’il lui servit sans cesse de référence pour décrire des sites exotiques, que ce soit en Mongolie dont il découvre les volcans "aussi frais que notre pays d’Auvergne", ou dans la brousse birmane, lorsqu’il retrouve une Auvergne "de fin septembre, par forte sécheresse". Cet attachement, Teilhard le conservera toute sa vie. Inlassable chercheur, infatigable voyageur, il découvre, en 1929, près de Pékin, le premier crâne de sinanthropte ; participe, en tant que scientifique, à l’expédition Citroën de la Croisière jaune ; séjourne en Inde, Birmanie, Afrique… et contribue à la constitution d’un réseau international de recherches en paléontologie humaine.

Membre de l’Académie des Sciences, on lui propose une chaire au Collège de France qu’il doit refuser sur l’injonction de son ordre religieux. Ses "vues ardentes", à la charnière des sciences et de la philosophie ne reçoivent pas, en effet, l’assentiment de l’Eglise. Suspect de rejoindre les théories matérialistes, Teilhard ne put rien publier de son vivant, mais n’en resta pas moins fidèlement attaché à l’Eglise catholique et à la Compagnie de Jésus. Il est l’un des premiers à avoir proposé une synthèse de l’histoire de l’univers telle que nous l’explique aujourd’hui la communauté scientifique. Sa vision est conçue autour du thème de l’évolution qui, pour lui, est un mouvement de complexification croissante qui monte, avec des cadences irrégulières dont le rythme nous échappe.

C’est à l’homme qu’il appartient de donner au monde une consistance dans un mouvement de dépassement constant vers plus d’unité : "Plus l’homme sera grand, plus l’humanité sera unie, consciente et maîtresse de sa force". Malgré désordres, échecs, ruines, crises, et imperfections, l’humanité progresse. Teilhard a foi en l’homme et l’invite à lutter contre la dispersion et la discorde qui ralentissent le travail d’unité. En 1951, il est exilé en Amérique. En 1954, il revient deux mois en France où il retrouve pour la dernière fois sa maison natale et meurt, le 10 avril 1955, jour de Pâques, à New York, où il est enterré. Le cimetière des Carmes conserve le caveau de la famille Teilhard de Chardin, dans lequel sont enterrés ses parents.