Ville de Clermont-Ferrand

Fiche du : 01/07/1996

Le 8 juillet 1862, Napoléon III et son épouse arrivent en gare de Clermont (*). Le comte de Morny, président du Corps législatif, les accueille en compagnie de Philippe Mège, maire de Clermont, qui remet les clefs de la ville à l’empereur. Une immense foule se presse en habits de fête.


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La réception de l’Empereur à la cathédrale de Clermont. Gravure sur bois extraite du Monde illustré.
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Napoléon III et son épouse lors de leur visite à Clermont le 8 juillet 1862. Lithographie imprimée par M. Blonzat.

Les Clermontois ovationnent le couple impérial et l’accompagnent le long d’un parcours officiel jalonné par d’immenses arcs de triomphe. Tous ont été décorés de façon différente, selon l’idée de leurs inspirateurs : les constructeurs de machine Barbier et Daubrée, rue Montlosier ; Magnin, le fabricant réputé de pâtes françaises, rue Neuve-Sainte-Claire ; les boulangers clermontois, au Poids de Ville. L’un d’eux, dressé place Dellile, rendait hommage à Flore et Cérès, tandis que le cinquième, tout en feuillage, encadrait la montée de Jaude.

Réceptions, dîner, feu d’artifice et feux de joie sur les montagnes environnantes, et, le lendemain, excursion à Gergovie, avec déjeuner sur l’herbe et champagne frappé, sous une chaleur torride : la visite officielle se poursuit avec son cortège de festivités. En final, la Ville de Clermont-Ferrand offrit un grand bal. Entourée de ministres et de généraux, l’impératrice rayonnait, vêtue d’une magnifique robe de gaze blanche piquée de fleurs bleues, sa sombre chevelure ceinte de gerbes de diamants. Quadrille impérial, guirlande, corbeille, grand tourbillon, double pastourelle, chaîne des dames…

La soirée resta inoubliable pour les nombreux invités. Que restera-t-il de ce voyage ? De beaux souvenirs pour rêver ? Une grosse ardoise pour les organisateurs ? Certes, mais les Clermontois retiendront tous la promesse faite par l’empereur sur le quai de la gare : "Adieu messieurs, je reviendrai vous voir lorsque j’aurai fait terminer votre cathédrale. " Quatre ans plus tard, l’évêque bénissait la première pierre des travaux qui démarraient sous la direction de Viollet-le-Duc.

 

(*)On peut lire le récit détaillé de cette visite dans "Clermont au temps du Second Empire", d’Aimé Coulaudon. A consulter dans la salle Auvergne de la bibliothèque municipale et interuniversitaire, rue Bardoux.