Ville de Clermont-Ferrand


Partout dans le monde, depuis l’Antiquité, des ex-voto ont été produits. Dérivé du latin vovere votum (faire un vœu), le terme ex-voto signifie littéralement « d’après le voeu ». Aujourd’hui, on entend par ex-voto toute production humaine placée dans un lieu vénéré, en accomplissement d’un vœu ou en signe de reconnaissance. Quel que soit le lieu ou l’époque considéré, la fonction de l’ex-voto reste la même : il s’agit d’invoquer les forces divines, de leur demander leur aide ou de les remercier de leur intervention.

Les ex-voto peuvent être figuratifs, prenant par exemple la forme des parties du corps à guérir ou du navire à protéger, abstraits, ou encore se limiter à une inscription, comme les plaques apposées dans les églises. En bois, en pierre, en métal, ou encore en cire, ils peuvent être produits de manière artisanale ou industrielle. Plus modestement, ils peuvent aussi prendre la forme d’offrandes faites par les pèlerins comme des noisettes, des glands ou encore des monnaies.

Les 10 000 fragments de bois (hêtre, chêne, sapin, bouleau, frêne ou châtaignier) découverts sur le site de la source des Roches constitueraient un ensemble d’environ 3 500 ex-voto entiers, datés entre la fin du Ier siècle avant et le Ier siècle après J.-C. Les pèlerins venaient déposer dans ce lieu sacré des ex-voto représentant des personnages en pied, des parties de corps, des organes internes, des animaux, etc. La quantité significative d’ex-voto représentant des membres inférieurs laisserait penser que la source était particulièrement réputée pour la guérison de ces parties du corps.

La qualité d’exécution de ces ex-voto est très variable. Cette inégalité témoigne vraisemblablement de différentes productions. Les unes, soignées, certainement réalisées par des marchands-sculpteurs, sont des représentations sculptées sur toutes les faces ; d’autres, plus maladroites, sans doute fabriquées par les pèlerins avec des outils de fortune, sont simplement découpées dans une planche ou exploitent la forme naturelle d’une branche à peine dégrossie. D’autres formes d’ex-voto, des plaquettes de bois probablement peintes ou inscrites, ont aussi été découvertes sur le site.