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Un festival Woody Allen !

Le Festival des amis du Cinéma consacre son édition 2010 au réalisateur américain.

« Je ne veux pas atteindre l’immortalité grâce à mon œuvre. Je veux atteindre l’immortalité en ne mourant pas. » Les Amis du cinéma ne pourront malheureusement pas accéder à la requête de Woody Allen ! Mais leur festival, entièrement consacré au réalisateur américain, montrera combien ses films sont à placer parmi les grands chefs-d’œuvre du septième art.

Woody Allen, c’est une plume pétrie d’humour, un personnage délicieusement complexé et névrosé, un philosophe du quotidien qui cache son génie dans une pochette surprise, un cinéaste inventif capable de nous émouvoir comme de nous faire réfléchir sur notre insoutenable légèreté d’être. Pour nous en convaincre, les Amis du cinéma ont sélectionné neuf classiques dans sa très abondante filmographie.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe, à partir de sept sketches du très sérieux best-seller de vulgarisation du docteur Reuben, avec d’immenses moments d’anthologie comme la course des spermatozoïdes ; Guerre et amour, où les angoisses métaphysiques d’un pacifiste plongé dans la campagne de Russie offrent un aperçu de ses talents d’humoriste. Annie Hall, chronique largement autobiographique de son histoire avec Diane Keaton et Manhattan, tribulations amoureuses d’un auteur de sketches comiques new-yorkais, entre son ex-épouse, une collégienne de dix-sept ans et la femme de son meilleur ami, deux films plus amers, livrent entre deux boutades de fulgurantes réflexions sur la relation homme/femme.

Pour ceux qui n’aimaient pas le personnage de comique, La rose pourpre du Caire, comédie nostalgique et onirique proche du style de Fellini constitue une révélation, celle d’un grand cinéaste qui manie aussi bien l’image que les mots. Une veine nostalgique que l’on retrouve dans Radio days, évocation des rêves radiophoniques d’une famille américaine dans les années trente.

Un peu à l’image de Clint Eastwood qui se révèle un grand cinéaste lorsqu’il délaisse son personnage de justicier, Woody Allen enchaîne dès lors les chefs-d’œuvre dans des styles très différents. Dans une autre femme, il renoue avec le drame métaphysique façon Bergman. Ombres et brouillard, réflexion kafkaïenne sur la mort revisite le génie expressionniste de Murnau et Tod Browning. Enfin, Le sortilège du scorpion de jade se présente comme un hommage décalé aux polars des années quarante.

 

 

Du 23 au 30 mars, Ciné Capitole. Renseignements : Cercle des Amis du cinéma, tél. 04 73 93 28 63.