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Un superbe exemple de l’architecture du siècle des Lumières en Auvergne : l’hôtel de Chazerat

Fiche du : 01/02/1998

L’hôtel de Chazerat a été édifié à l’emplacement de l’hôtel de Ribeyre incendié en 1759 qui appartenait à la mère d’Antoine de Chazerat. Plusieurs habitations voisines furent expropriées pour obtenir la surface suffisante à la nouvelle demeure qui devint ainsi la résidence personnelle de l’Intendant d’Auvergne. Celle-ci avait l’avantage de toucher l’hôtel Poisson (au n°2) qui abritait les locaux administratifs de l’Intendance.

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La façade Est donnant sur la terrasse.
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Construire, dans les années 1760, un tel édifice dans l’étroite rue des Nobles (actuellement rue Pascal), où deux carrosses ne pouvaient se croiser, relevait du défi. Charles Antoine Claude de Chazerat, premier président de la Cour des Aides et Intendant d’Auvergne de 1770 à 1789, l’a voulu ainsi et a créé le plus bel hôtel particulier de Clermont.
Inspiré de l’Antiquité, et du style français de l’époque, l’hôtel fut à la hauteur des autres demeures construites par la famille de Chazerat, parmi lesquelles les plus beaux châteaux de l’époque Louis XVI de Basse-Auvergne : celui de Mirabel, prés de Riom, et celui de Ligonnes, prés de Lezoux. Construit en pierre de Volvic comme tous les édifices de la région clermontoise depuis le XIIIe siècle, l’hôtel fut d’abord recouvert d’un badigeon blanc comme beaucoup de demeures nobles de la fin du XVIIIe siècle (certaines façades furent ensuite décapées comme celles de la cour d’honneur). Il fut édifié entre 1759 et 1764 par l’architecte Pierre Peyrat, puis terminé en 1769 par ses successeurs, Gilbert Fournier et Antoine Deval. Un grand portail en demi-lune surmonté d’une balustrade donne sur une cour d’honneur ovale unique en France. Fêtes, réceptions et mondanités étaient prévues dans des pièces d’apparat dont le grand salon doré constitue l’élément le plus majestueux. Les murs y sont divisés en arcades plein cintre reposant sur des colonnes corinthiennes. Les tympans des dessus de porte sont ornés de médaillons de gypse représentant les quatre saisons. Ce grand salon s’ouvre sur une terrasse qui, elle-même, domine un jardin à la française. A l’arrière, sur la rue de l’Oratoire se trouvaient les écuries dont on voit encore le porche orné de deux bustes de chevaux. A la Révolution, l’hôtel fut vendu comme bien national à la Ville de Clermont qui y installa ses services administratifs. Antoine de Chazerat reprit possession de son hôtel en 1806 et le garda jusqu’à sa mort en 1824. L’évêché y logea ensuite jusqu’à la loi de séparation de l’Église et de l’État. Pendant la première guerre mondiale, l’hôtel est transformé en hôpital, puis affecté à la faculté de Lettres jusqu’en 1937. Les services fiscaux occupent ensuite ses locaux jusqu’en 1978. Enfin, en 1982, la Direction régionale des affaires culturelles s’y installe après l’avoir totalement restructuré.